Association canadienne des ergothérapeutes

Soins de santé primaires : dépistage précoce des TDC

Le Rotary Children's Center est un centre de traitement pour enfants et jeunes adultes ayant des troubles physiques, de développement et de communication dans les régions de Waterloo et de Wellington, en Ontario. En 2000, le Centre a pris de l'expansion afin d'inclure les enfants ayant des TDC. Le Centre voulait s’assurer que tous les programmes seraient basés sur des données probantes. On en connaissait déjà un peu sur les façons d’intervenir face à certains de ces troubles, mais on en savait peu sur les enfants ayant des TDC.

Le Centre a reçu un financement de la Cloverleaf Foundation. Ce montant lui a permis d'embaucher l'ergothérapeute Herdip Johal et la physiothérapeute Lise Rivard pour mener une recherche sur les meilleures modèles de prestation de services pour les enfants d’âge préscolaire et scolaire ayant des troubles du développement de la coordination (TDC).

«Le Centre nous a énormément soutenues. Il nous appuie à 100 %. Le terme TDC est maintenant bien connu à notre centre. Tout le monde est au courant de ce qu’il signifie et les orthophonistes, qui sont souvent les premiers à voir ces enfants, peuvent cibler plus rapidement un enfant qui est atteint d’un TCD», affirme Herdip.

Un manque de connaissance est courant chez les professionnels de la santé; la recherche a permis à Herdip et à sa partenaire de rassembler des données probantes qu’elles échangent avec d’autres intervenants par l’intermédiaire d’ateliers, de listes de contrôle lors de l’admission et d’autres outils d’évaluation. Leur recherche portait également sur les stratégies d’intervention efficaces pour les ergothérapeutes et les physiothérapeutes. Il y a maintenant des équipes qui travaillent auprès des enfants ayant des TCD à chacun des trois sites.

La plupart des parents se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond chez leur enfant mais ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire. Les enfants ayant un TDC ont souvent de la difficulté à positionner leur corps pour effectuer certaines tâches; ils ont besoin de plus d’aide que les autres pour faire des choses de base comme se vêtir ou couper de la nourriture. Le dépistage précoce est très important.

Les TDC sont la cause de nombreuses difficultés de la vie quotidienne pour l’enfant, comme par exemple, faire des boucles ou apprendre à écrire son nom. À la garderie, on peut observer des difficultés chez l’enfant lorsqu’il tente de colorier, de coller ou d’utiliser des ciseaux. Ces enfants ont également de la difficulté à monter sur une glissade, à lancer ou à attraper une balle ou à participer à des jeux avec d’autres enfants. Si le TDC n’est pas ciblé à ce stade, ces enfants se découragent rapidement face aux activités scolaires et de jeu et leur estime de soi peut s’en trouver affaiblie.

«L’un des enfants que je traitais se cachait sous son bureau plutôt que d’essayer d’écrire une lettre pour moi», raconte Herdip. «Les enseignants croient parfois que ces enfants sont simplement paresseux ou qu’ils ont des troubles de comportement. En réalité, ils sont souvent des enfants très intelligents, mais ils sont frustrés et doivent apprendre à vivre avec leur TDC.»

La recherche a démontré jusqu’à maintenant que la simple répétition des tâches ne fonctionne pas chez ces enfants, mais que l’enseignement de stratégies cognitives aurait des effets bénéfiques. Avec cette méthode, l’ergothérapeute, l’enseignant et le parent sont les seuls facilitateurs. Les enfants apprennent à analyser les raisons pour lesquelles ils s’embrouillent dans chaque activité et à ajuster leur corps ou l’environnement afin d’accomplir la tâche.

«Nous voulons que l’enfant en vienne à trouver ses propres solutions [… ] et les étapes qu’il doit suivre pour résoudre la difficulté motrice. Nous ne lui disons pas ce qui pourrait fonctionner. Nous lui demandons plutôt ce qui pourrait fonctionner à son avis», renchérit Herdip.

«Notre approche est véritablement centrée sur la famille. Nous utilisons la Mesure canadienne du rendement occupationnel qui aide les parents à déterminer les objectifs de leur enfant. L’enfant et les parents déterminent le problème qui doit être traité en priorité , peu importe qu’il s’agisse d’écrire plus clairement, d’utiliser la fermeture-éclair de son sac à dos ou de mettre du beurre sur ses rôties.»

Les parents d’enfants d’âge préscolaire sont encouragés à demander de l’aide à l’hôpital pour enfants ou au centre de réadaptation de leur région. Si l’enfant fréquente déjà l’école, les listes d’attente sont beaucoup plus longues. Le Questionnaire TDC élaboré par la chercheur en ergothérapie Brenda Wilson de Calgary, en Alberta, peut aider les enseignants et les chargés de dossiers des centres de santé communautaires à dépister les enfants atteints d’un TDC. Toutefois, les parents peuvent se retrouver devant des listes d’attente de 10 à 18 mois, l’équivalent d’une à deux années scolaires.   — Vanessa Ong

Herdip Johal, B.H.Sc.(O.T.), O.T. Reg.(Ont.) est une ergothérapeute qui exerce au Rotary Children’s Centre, Cambridge Site, à Cambridge, en Ontario. On peut la joindre par téléphone en composant le 519-621-7580.

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