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Mars/Avril 2001 Table des matières Dans cet article |
par Lynne Mycyk Mon intérêt pour le développement international s'est
La réponse m'est venue lorsque j'ai découvert le programme d'expériences de travail volontaire de courte durée offert par une organisation appelée Medical Ministry International (MMI). La MMI est l'une des plus grandes organisations de missions médicales volontaires de courte durée. Elle est active dans plus de 25 pays, offrant des soins médicaux, dentaires, chirurgicaux et ophtalmologiques aux personnes qui reçoivent peu de soins médicaux ou qui n'y ont pas accès. La durée des projets varie de une à deux semaines: ces projets s'adressent aux personnes qui désirent mettre leurs compétences à contribution, mais qui ne sont pas prêtes à consacrer toute leur vie au travail volontaire international. Il est important de retenir que l'on n'y emploie pas seulement des infirmières et des médecins. En effet, la MMI accepte les professionnels de la santé tels que les ergothérapeutes, les traducteurs/interprètes, les manoeuvres et les aides en général. En 1996, je me suis rendue à Guaranda, en Équateur, pour mon premier projet avec la MMI. Notre équipe était composée d'un médecin équatorien, de quatre résidents en médecine, de deux infirmières, d'un technicien en laboratoire, d'un chauffeur/interprète, de son fils adolescent, un étudiant en espagnol et de moi-même, à titre d'ergothérapeute. Il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre compte que pour faire de sa participation une réussite, un ergothérapeute devait posséder deux habiletés essentielles : souplesse et habiletés à faire valoir la profession.
Peu importe la profession que vous représentez, la souplesse est
la clé de la réussite d'un projet MMI. À travers
mon travail dans les pays du tiers monde, j'ai appris à m'attendre
à l'inattendu. Au sein d'une clinique MMI, il est presque certain
que vous traiterez des fermiers, des mères et de nombreux enfants.
Toutefois, dans tous les projets auxquels j'ai participé, nous
avons dû faire face à des cas d'urgence dans lesquels une
personne avait été transportée à la clinique
sur une civière improvisée (le plus souvent sur une planche
de bois). Tout comme le mot l'indique, les urgences exigent une attention
immédiate et les participants doivent parfois quitter leur occupation
régulière pour donner un coup de main. Par exemple, lors
d'un projet, une femme a été amenée à la clinique
en état de choc sceptique postpartum. Deux injections intraveineuses
devaient être faites immédiatement. Même si notre clinique
avait l'équipement requis, nous n'avions aucun support à
injection. Pendant l'injection, on m'a confié la tâche de
faire figure de support à intraveineuse jusqu'à ce qu'un
support adéquat soit construit. En outre, on m'a montré
à laver les enfants ayant des poux et des gales, à nettoyer
des brûlures, à prendre la pression. De plus, j'agissais
à titre de fournisseur d'équipement pour la salle d'opération.
En d'autres mots, lorsque vous travaillez dans un pays en voie de développement,
il faut vous attendre à apprendre quelques nouvelles habiletés. Certaines personnes se sont questionnées sur le bien-fondé d'offrir des soins ergothérapiques en une si courte période de temps. Pour ma part, je crois fermement que l'ergothérapie a une valeur énorme et un impact significatif sur les vies des personnes qui habitent les pays du tiers monde. À travers mes expériences en Équateur, au Honduras, au Guatemala, à Haïti et en République dominicaine, j'ai constaté que la plus grande composante de mon travail consistait à faire de l'enseignement, dans les domaines de la prévention et de la promotion de la santé. Les problèmes de dos sont fréquents chez les hommes qui travaillent aux champs, chez les femmes qui lavent leurs vêtements dans les ruisseaux ainsi que chez les enfants de cinq ans qui doivent transporter leur petite soeur sur leur dos. J'ai constaté qu'il était essentiel d'enseigner la prévention des maux de dos aux hommes, aux femmes et aux enfants. L'enseignement des bonnes techniques de levée peut prévenir les blessures et permettre aux personnes de tous âges de continuer d'assumer leurs rôles dans leurs familles et communautés. Parmi les problèmes souvent rencontrés dans les cliniques MMI, citons notamment l'arthrite ou la douleur aux articulations, souvent décrite par les clients comme une douleur répandue partout dans le corps. Dans ce cas, j'ai encore constaté que l'éducation était le meilleur outil. Voilà où votre souplesse et votre créativité entrent en jeu. Les sièges de toilette élevés peuvent aider les personnes ayant des douleurs arthritiques, enfin... si les toilettes ont des sièges! Vous devez vraiment travailler avec ce qui se trouve sur place, ce qui est habituellement très limité. J'ai fabriqué des orthèses avec de vieilles bouteilles de médicament. J'ai enseigné à de nombreuses personnes les principes de protection des articulations et de conservation d'énergie (avec l'aide de traducteurs, de diagrammes et de simulation de situations de travail). Les évaluations de travail, en milieu de travail et à la maison, ont été également des composantes utiles de mon travail dans les pays en voie de développement. En ce qui a trait aux aspects inattendus de l'ergothérapie, j'ai traité plusieurs personnes ayant des blessures sévères aux mains (principalement en raison de l'utilisation de la machette). Ces personnes ne pouvaient se permettre de manquer leur travail en raison de leurs blessures, puisqu'elles n'ont pas droit à l'assurance maladie ou l'assurance chômage. Ainsi, il est essentiel que leur famille et elles-mêmes apprennent des activités thérapeutiques immédiates et continues. La MMI est une organisation chrétienne, au sein de laquelle nous consacrons chaque matin de dix à quinze minutes de réflexion et de prière, après le petit déjeuner, juste avant de nous rendre à la clinique. Certaines cliniques MMI ne sont pas intégrées à un établissement médical existant; elles sont parfois des cliniques temporaires orga-nisées dans des écoles ou des églises. Vous pouvez vous attendre à travailler de sept à dix heures par jour, selon le nombre de personnes ayant besoin d'aide et la distance entre la clinique et votre logement. Les soirées sont libres pour socialiser avec les membres de l'équipe, jouer aux cartes, chanter, lire, écrire un journal ou des lettres ou préparer la prochaine journée de travail. Les types de logements varient d'un pays à l'autre. Lors d'un projet MMI, j'ai passé deux semaines sur un lit de camp dans un village privé d'électricité et d'eau courante alors que dans un autre projet, je demeurais à l'hôtel dans une ville animée. La véritable beauté d'un projet MMI est la possibilité de voir un pays non pas avec les yeux d'un touriste, mais avec à travers les yeux des habitants de la région. Dans tous les projets auxquels j'ai participé, peu importe ma contribution, j'ai toujours reçu beaucoup plus en retour, il me semble. Les gens que j'ai aidés m'ont témoigné beaucoup de gratitude, par leur sourire et leurs étreintes chaleureuses. Je me suis fait de nouveaux amis, j'ai découvert de nouvelles cultures, j'ai appris de nouvelles langues, j'ai goûté de nouveaux mets et j'ai acquis de nouvelles habiletés; la liste est considérable. Mais, par-dessus tout, la MMI m'a aidée à remettre ma vie en perspective. Après chaque projet, j'en suis venue à apprécier davantage ma famille, mes amis, mon foyer et le système de santé canadien, sans oublier les choses simples de la vie que nous prenons souvent pour acquis : la plomberie et l'électricité. Dans notre monde si mouvementé, la MMI est un gage d'immersion dans la réalité qui a énormément enrichi ma vie. Lynne Marie Snyder Mycyk détient
son diplôme de l'University of Western Ontario depuis 1995. Elle
travaille actuellement au Neurological Care Program, au Riverdale Hospital
de Toronto, 14 St. Matthews Rd., Toronto, Ontario. M4M 2B5
Mars/Avril
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